Dans la région administrative de Kankan, le travail des enfants, souvent orchestré par leurs propres parents à des fins économiques, prend une ampleur inquiétante et empêche de nombreux jeunes d’accéder à l’école. Pour mieux cerner ce phénomène, notre correspondant régional a rencontré l’Inspecteur régional de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables de Kankan.

Selon l’Inspecteur, toute activité qui prive un enfant de son droit à l’éducation, met sa vie en danger ou entrave son développement physique et mental est strictement interdite par le Code de l’enfant. « C’est un phénomène puni par la loi », insiste-t-il.
La lutte contre le travail des enfants mobilise plusieurs acteurs. « Au sein de l’administration, chacun a un rôle à jouer. Notre mission est de veiller au respect des engagements de l’État concernant les droits des enfants, des femmes et des personnes vulnérables, au niveau national et international », explique-t-il.

Au-delà de l’aspect réglementaire, la prévention reste une priorité. Le ministère mène des campagnes d’information et de sensibilisation auprès des populations pour expliquer les risques et conséquences du travail des enfants sur leurs droits fondamentaux.
Des initiatives concrètes ont été mises en place dans la commune urbaine de Kankan, avec le soutien de partenaires techniques et financiers. « Nous avons créé des structures de protection de l’enfant chargées d’identifier tous les enfants non scolarisés », précise l’Inspecteur régional.

Sur le terrain, la majorité des enfants concernés travaillent pour leurs parents ou pour des tiers. « Certains proposent leurs services à des commerçants pour revendre des produits et obtenir un petit revenu », indique-t-il.

L’Inspecteur attire toutefois l’attention sur un facteur clé : la pauvreté. « Interdire le travail aux enfants sans soutenir leurs parents est inefficace. La plupart d’entre eux n’ont pas les moyens de scolariser leurs enfants », déplore-t-il.
Face à cette situation, les autorités prônent une approche globale combinant application de la loi, sensibilisation et accompagnement socio-économique des familles, afin de garantir aux enfants de Kankan leur droit fondamental à l’éducation et à une enfance protégée.
