Dans la nuit du mardi 10 mars 2026, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Siguiri, Dominique Loua, a effectué une visite surprise dans la sous-préfecture de Kouremalé, à la frontière guinéo-malienne.
Cette opération s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le trafic de carburant, devenu récurrent dans cette zone frontalière.
Au cours de cette descente inopinée, 182 bidons de carburant ont été saisis dans plusieurs stations-services de la localité. Les produits ont été confiés à la police des frontières.
Interrogé ce mercredi 11 mars 2026, le commissaire spécial de la police des frontières de Kouremalé, Yakouba, est revenu sur les circonstances de cette opération menée par le procureur.
<< Hier 10 mars, aux environs de 22h–23h, le procureur m’a appelé pour m’informer qu’il était à Kouremalé et m’a demandé de le rejoindre avec mes hommes à la station de Mamadi Cissé. Une fois sur place, nous avons constaté la présence de plusieurs bidons de carburant déposés dans la station. Il nous a instruits de ramasser tous les bidons et de mettre les pompistes aux arrêts, ce que nous avons fait. Il a ensuite poursuivi sa tournée dans la ville et partout où il voyait des bidons, il ordonnait leur saisie et leur dépôt au poste de police avec les pompistes concernés. >>
Selon le commissaire, plusieurs personnes ont été interpellées. Il s’agit de Mamadou Dian Diallo, Mamadou Kenda Diallo, Fouceny Condé, Safrein Condé et Mamadi Camara, actuellement retenus au poste de contrôle de la police de Kouremalé.
<< Nous sommes en train de procéder à leur audition avant de rendre compte au procureur >>, a-t-il précisé.
Par ailleurs, plusieurs citoyens rencontrés dans la localité dénoncent la flambée des prix du carburant.
Selon eux, un bidon de 20 litres d’essence ou de gasoil peut atteindre jusqu’à 350 000 francs guinéens dans certaines stations, tandis qu’un litre d’essence se vend jusqu’à 25 000 francs guinéens sur le marché noir.
Cette situation intervient pourtant quelques jours après l’assurance donnée par la Société nationale des pétroles (SONAP) qu’il n’existe pas de crise de carburant en Guinée, malgré la hausse du prix du baril sur le marché mondial.
À Kouremalé, les populations affirment toutefois subir de plein fouet une augmentation jugée fantaisiste des prix, imposée selon elles par certains propriétaires de stations-service.
Mamoudou Camara pour guinéeconstat.com
